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Le Centre Al-Rowwad pour la culture et la formation théâtrale:

Le Centre Al-Rowwad, est une institution indépendante, non gouvernementale, il n'est pas affilié à un parti politique. Dirigé par un groupe de bénévoles, malgré le moyens limités dont il dispose, (étant un centre indépendant, nous ne sommes pas subventionnés), le Centre organise des activités et des programmes pour aider les enfants du camp et des régions voisines à développer leurs capacités et leur créativité, et leur fournir autant que possible un environnement sain et sans danger.
Nous nous consacrons à aider les enfants pour faire face au défi et à l'ambiance de violence continue qui les étouffent, et pour promouvoir les droits humains qui soutiennent cet effort.

Al-Rowwad est une locomotive de changement dans la communauté locale. Al-Rowwad encourage la collaboration et l'institutionnalisation des différents projets et activités pour créer un développement local. Récemment, Al-Rowwad a joint ses efforts à ceux du Comité populaire du camp d'Aïda en mettant en oeuvre des projets de développement communautaire et en générant des emplois financés par l'UNRWA et l'UNDP sur un budget de plus de 230 000 $ US.

Depuis le mois de septembre 2000, Al-Rowwad a intensifié ses efforts et a lancé plusieurs activités pour les enfants du camp et du voisinage. Le but consistait à sortir les enfants de la situation actuelle de violence et de bombardements quasi quotidiens, et à essayer de créer un environnement sain pour aider les enfants à évacuer le stress et avoir une "vie humaine normale":

1. Tournée en Suède et au Danemark avec la première pièce théâtrale Nous sommes les enfants du Camp, suite à l'invitation du comité palestino-suédois et à la candidature de l'Union des centres de jeunesse en Palestine.
2. Coopération avec le "Theatre Day Production" et réalisation de cinq stages d'animation pour apprendre à faire des dessins animés.
3. En collaboration avec le Bethlehem Peace Center, accueil de Clowns sans Frontières (Espagne).
4. En collaboration avec l'UNRWA dans le cadre du programme Urgences: Activités culturelles comme des projections de films vidéos dans les écoles, et des représentations de la première pièce théâtrale "Nous sommes les enfants du Camp"- huit représentations dans les deux écoles du camp et autres activités dans le Centre.
5. Établissement d'un noyau de centre informatique "en développement" pour augmenter le nombre d'ordinateurs. Connexion à Internet pour permettre aux enfants de communiquer avec leurs semblables à travers le monde.
6. Cours d'anglais en collaboration avec le Badil Center
7. Stages de dessins, peinture, mosaïque, et autres arts manuels et peinture murale pour décorer les rues intérieures du camp, en collaboration avec des artistes locaux, avec le soutien financier de l'UNRWA, du Badil Center et du Deutsch Representative Office à Ramallah.
8. Journées de soins médicaux en collaboration avec le secours médical et le comité populaire du camp.
9. Constitution d'un embryon de bibliothèque. Le travail continue pour augmenter le nombre des livres acquis et d'étagères. Nous remercions la Famille Bouyer de l'Hôtel de France-Angers, l'Association Médicale Franco-Palestinienne de Tours, Marie-Hélène ROBINEAU, JM et LA Millet-Richard, les clowns 'les Zogusts' de Tours, et de Grenoble Françoise Guyot, Brigitte Bazin de Rennes, Danièle Ouanès et d'autres amis du Canada.

L'initiation au théâtre a été l'activité première du Centre, en permettant aux enfants "filles et garçons " d'apprendre le jeu des comédiens à travers des activités théâtrales bien établies, pour les aider à décharger leur tension et réduire leur colère, causées par la situation actuelle en Palestine. Plus de 150 enfants ont profité de nos activités de théâtre durant les deux dernières années. Ces enfants sont des habitants du camp d'Aïda, ou étudient dans les écoles du camp et proviennent des régions voisines comme le camp de Beit Gibrin, d'Al-Doha ou de Beit-Jala. Ces activités sont de plus en plus appréciées dans la communauté locale, ce qui nous encourage à faire plus.

Le centre Al-Rowwad a produit deux pièces. La première: "Nous sommes les enfants du Camp" écrite et mise en scène par AbdelFattah Abu-Srour, musique de Mahmoud Abu-Kamal et Ra'fat Hani, a été présentée pour la première fois en Suède puis au Danemark durant une tournée de trois semaines en août 2000, puis en Palestine.

La deuxième pièce " La cour " écrite et mise en scène par le Dr AbdelFattah Abu-Srour, présentée pour la première fois en septembre 2001 à Bethléem, à l'occasion des massacres commis dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban " Sabra et Chatilla ". La troupe du théâtre a participé à la plupart des manifestations culturelles de la région.

Actuellement nous travaillons sur une nouvelle pièce basée sur une histoire folklorique.

LE CAMP D'AÏDA - BETHLÉEM

Le Camp de réfugiés palesiniens d'Aïda compte une population de 4 000 personnes réparties en 650 familles, refugiées en 1948, puis en 1967, et provenant de 35 villages différents après les deux guerres arabo-israéliennes de 1948 et 1967. Ce camp est comme les autres camps de réfugiés palestiniens (22 camps en Cisjordanie, 8 à Gaza, 12 au Liban, 10 en Syrie, 10 en Jordanie et autres) ont été créés en tentes à titre de camps d'urgence temporaires. Mais avec le temps, ils se sont transformés en camps de refugiés permanents. Puisque le problème de réfugiés n'a pas trouvé de solution, l'ONU a commencé en 1951 la construction des petites chambres, à raison d'une ou deux chambres par famille (de 9 à 12 m2, et de 2 à 2,5 m de haut). Les années se sont écoulées et les réfugiés palestiniens sont toujours en attente. Les réfugiés ne pouvaient plus vivre dans ces refuges d'urgence. Les gens, en majorité pauvres, et ne pouvant pas acheter une parcelle de terrain ailleurs, ont commencé à élargir ou à construire de nouvelles maisons dans le camp et sont devenus des réfugiés dans leur propre pays… Et puisque l'espace était très limitée, il n'y avait pas de possibilité d'expansion horizontale, ce qui fait que les gens construisaient en hauteur… Cette espace limité a fait qu'il n'y a pas d'espaces verts ni de terrains où les enfants peuvent jouer. Depuis 1948, les réfugiés considèrent toujours que le camp est une phase temporaire dans leur vie, et ils rêvent, espèrent et demandent l'application des résolutions de l'ONU concernant le droit au retour des réfugiés sur leurs terres occupées en 1948 et 1967 par l'État israélien occupant. Et jusqu'à ce jour, la communauté internationale fait l'aveugle et la sourde oreille concernant ces réfugiés.

Environ 40 % de la population sont des enfants de moins de 18 ans, avec une répartition égale entre les filles et les garçons. Dans le camp, il y a deux écoles, une pour les filles de 6 à 15 ans, avec des classes mixtes dans la période de l'après midi pour les garçons et les filles de 6 à 9 ans. L'autre école est pour les garçons de 10 à 15 ans. Ces deux écoles sont dirigées par l'UNRWA-ONU. En outre, il y a un centre de jeunesse et deux jardins d'enfants tenus par la communauté locale. Le camp est situé à la frontière Nord de la ville de Bethléem. L'entrée principale du camp est bloquée par des cubes en ciment que l'armée israélienne a placés au tombeau de Rachel, qui était à l'origine la Mosquée Bilal Ibn Rabah transformée en synagogue en 1967), un point de contrôle militaire se trouve à la limite Est du camp. La colonie israélienne de Gilo, au Nord-Ouest du camp, et le point d'observation du tombeau de Rachel constituent une grave menace pour les habitants du camp en raison des différents bombardements, harcèlements et interdictions de passer par l'entrée principale du camp pour les gens et les véhicules.

Le Camp d'Aïda pendant la nouvelle Intifada (depuis septembre 2000) :

Depuis le mois d'octobre, 2000, le Camp d'Aïda a subi des souffrances continuelles à cause du harcèlement et des bombardements de l'armée israélienne. Plus de 30 personnes ont été tuées, et plus de 150 blessés (dont 80 enfants de moins de 18 ans). En outre, plus de 150 des 400 maisons du camp ont été complètement ou partiellement détruites, ce qui les a rendues dans la plupart des cas inhabitables. La plupart de réservoirs d'eau sur les maisons ont été touchés par les balles et des missiles israéliens, les écoles de l'UNRWA-ONU ont également été touchées (photo), surtout l'école des filles. Plusieurs familles ont été obligées de quitter à nouveaux leur maison et d'en louer une autre dans le camp ou ailleurs ; de nouveaux réfugiés!. Les destructions dans le camp sont énormes, et l'aide fournie est très faible. L'hiver a été très difficile pour certaines familles.

La situation a pris une autre tournure avec la nouvelle politique de l'armée d'occupation israélienne consistant à réoccuper les territoires autonomes palestiniens.

Août 2001

Du 28 au 31 août, l'armée israélienne est entrée à Beit-Jala et au camp d'Aïda causant des dommages et faisant des destructions très importantes aux infrastructures, et sur le plan social et psychologique. Lors de cette incursion, plus de 27 personnes ont été blessées, dont 8 enfants et 5 femmes.

Octobre 2001

Les agressions israéliennes se sont renouvelées du 18 au 29 octobre 2001. Elles ont affecté différentes villes palestiniennes, dont la région de Bethléem et, évidemment, les deux camps de réfugiés - Aïda et Beit-Gibrin. Ces agressions ont laissé beaucoup de dégâts. Durant ces agressions, quatre appartements ont été complètement brûlés dans le Camp d'Aïda. Les soldats israéliens ont occupé trois maisons, laissant derrière eux beaucoup de destruction et volant des pièces électroniques et de l'argent, comme l'ont rapporté les familles qui ont été utilisées comme protection pour ces soldats israéliens. Les chars et les bulldozers israéliens ont détruit plus de six maisons et écrasé six voitures.


Les soldats israéliens ont utilisé des chiens équipés des cameras vidéos de transmission (photo) lors de leur invasion du camp d'Aïda. Trois civils et un soldat palestiniens ont été tués et plus de 30 personnes blessées, dont 18 enfants de moins de 18 ans.

Dans cette " guerre ", il était clair que l'armée israélienne avait pour objectif de détruire l'infrastructure rudimentaire des camps de réfugiés et la région en général. Les écoles de l'ONU ont été largement détruites ; la mosquée, les rues, les maisons, les réservoirs d'eau, les générateurs d'électricité ont été complètement ou partiellement détruits. Le camp a été privé d'électricité et d'eau pratiquement pendant toute cette période.

Mars 2002

Le 8 mars 2002, les missiles israéliens et les armes automatiques des hélicoptères de combat Apache ont transformé l'asphalte des rues du Camp d'Aïda en volcan… le sol était un feu en ébullition … Les flammes s'échappant des voitures et des maisons bombardées, le sang des civils innocents et des animaux irriguait les rues et le sol des maisons touchées : c'était des scènes cauchemardesques… Les soldats de la puissante armée israélienne, équipée avec les dernières technologies, se cachaient derrière leurs machines lourdes, creusaient les murs entre les maisons mitoyennes pour passer d'une maison à l'autre… Ces soldats-mercenaires étaient plus des voleurs et des brigands que des soldats d'une armée régulière…
Après 11 jours de réoccupation, 4 civils palestiniens ont été tués et 20 autres blessés. Les démolitions et les pertes dépassent le million de dollars américains.

Et encore, du 31 mars au 11 mai 2002, l'armée d'occupation israélienne est entrée pour la quatrième fois à Bethléem, et a imposé le couvre-feu sur toute la région de Bethléem. Les écoles, universités, magasins et pharmacies étaient fermés ; il était impossible d'accéder aux hôpitaux. Les rues se sont transformées en désert, exception faite des arrogants tanks et bulldozers israéliens. Les soldats israéliens ont dépassé toutes les " attentes ", et leurs précédents " faits d'armes "… Ils ont tué, et ne permettaient pas que l'on évacue les corps des rues ou des maisons où ils se trouvaient… Ils ont laissé les blessés saigner, parfois jusqu'à la mort… La nourriture et les médicaments étaient interdits. Les malades n'avaient pas d'autre choix que de souffrir seuls… Les hôpitaux étaient des paradis bannis… Des gens, des religieux, et des combattants ont été assiégés dans l'église de la Nativité… Le siège a duré 40 jours….


Mai 2002

Le 28 mai 2002, le vandalisme et les actes de barbarie de l'armée d'occupation de l'État démocratique d'Israël ont pris pour cible le Centre Al-Rowwad : 12 soldats y sont entrés et ont alors commencé une opération de vandalisme total. Ils ont vidé tous les tiroirs et étagères, ont jeté par terre les dossiers et les livres, ont cassé en menus morceaux des caméras que nous utilisons pour les animations (des caméras louées), et des appareils photos dont les enfants se servent pour prendre des photos. Ils ont vidé les tubes de gouache et de peinture acrylique et à l'huile sur les écrans et les claviers des ordinateurs et partout dans le Centre, y compris sur la vaisselle… Quelques meubles et un ordinateur ont été cassés aussi. Une caméra, deux ordinateurs, une chaîne Hi-fi et d'autres objets ont disparu.

L'armée a arrêté Mazen, employé du programme d'urgence de l'UNRWA ; il a été libéré au bout de deux jours. Cependant, l'administration militaire israélienne l'a convoqué à un autre interrogatoire le mois suivant.

Un centre culturel et de formation théâtrale pour enfants a été complètement vandalisé. Par pur sadisme. Ce n'était pas la première fois. Ce ne sera pas la dernière, j'en ai peur.


Les répercussions sur les enfants

Dans tous les cas, ce sont les enfants qui souffrent le plus; ce sont les enfants qui sont la cible de cette violence et de ces cauchemars. Nous avons constaté plusieurs cas de traumatisme, de régression dans les progrès scolaires, et des symptômes d'énurésie : l'enfance devient un cauchemar. Ceci est une complication grave, qui s'ajoute à la pauvreté du camp, au manque d'une infrastructure sociale et économique, au manque de terrains de jeu, de coins réservés aux enfants, d'espaces verts ou autres endroits où les enfants peuvent profiter des activités créatives organisées pour eux.

Le Centre Al-Rowwad au Camp d'Aïda:

En 1998, avec l'aide de quelques amis, j'ai fondé le Centre culturel et de formation théâtrale pour les enfants du camp d'Aïda. Nous l'avons appelé Al-Rowwad - ce qui signifie " pionniers ". Au début, le Centre faisait partie du centre de jeunesse, où j'étais un des membres de l'administration. Cependant, avec le commencement de la nouvelle Intifada, et à cause des dangers liés à l'endroit où le Centre se trouve - exposé aux bombardements des positions militaires israéliennes, nous avons pensé à louer un endroit plus sûr. Ceci nous a poussés à louer une maison au centre du camp, qui a deux différentes portes d'accès - pour des motifs évidents de sécurité. Le Centre comporte deux salles, une utilisé pour le centre informatique et les ateliers artistiques, et l'autre utilisée comme bibliothèque et pour la formation théâtrale.

Rôle du Centre Al-Rowwad pendant la crise

Pendant les réoccupations successives de la région de Bethléem et du camp d'Aïda (du 29 au 31 août 2001, du 18 au 29 octobre 2001, du 8 au 18 mars 2002 et du 30 mars au 11 mai 2002), le Centre offrait des services aux habitants du camp et des régions voisines, qui ne pouvaient pas accéder aux hôpitaux à cause des couvre-feu. Pendant ces périodes difficiles, le Centre Al?Rowwad a pris l'initiative de se transformer en centre d'urgence à plusieurs niveaux : en clinique d'urgence, puisqu'il n'y a pas de clinique dans le Camp d'Aïda, pour répondre aux besoins des gens et offrir les premiers soins aux blessés à cause des bombardements continus contre le camp et ses habitants et parce que les ambulances n'arrivaient pas à entrer facilement dans le camp parce que les chars israéliens bloquaient l'accès au camp. En collaboration avec le comité populaire du camp, nous nous sommes organisés pour satisfaire les besoins immédiats des gens, en particulier des enfants et des malades : le Centre est donc devenu un centre de distribution de nourriture pour les familles les plus démunies. Il a été aussi une fenêtre sur le monde extérieur, grâce à l'utilisation d'Internet, du téléphone et du télécopieur et à la réception de délégations de solidarité de partout dans le monde… Il a également accueilli des internationaux dans le camp et dans le Centre, et mis à leur disposition tous les moyens, ordinateurs et téléphone, pour rester en contact permanent avec les médias… Nous avons travaillé 24 heures sur 24…

Durant la nouvelle invasion au cours des mois suivants, Al-Rowwad et le comité populaire du camp ont collecté des médicaments, principalement pour les premiers soins mais aussi pour certains malades chroniques du camp. Il s'est procuré aussi des extincteurs qui étaient répartis en deux endroits comme des points d'urgence ; nous avons aussi rassemblé toutes les personnes du camp qui avaient de l'expérience en premiers soins, les infirmières, et tous ceux qui pouvaient aider pendant les crises… Il était très difficile, et la plupart du temps impossible aux ambulances d'entrer dans le camp à cause du couvre-feu et des tanks qui encerclaient le camp. Le Centre Al?Rowwad a joué un rôle essentiel comme clinique d'urgence et ses membres ont été les organisateurs et exécutants du plan d'urgence.

Durant le siège de la région de Bethléem qui a duré 43 jours, Al-Rowwad a été l'un des centres les plus actifs de la région. Des internationaux de différents pays sont venus pour protéger les habitants des camps de réfugiés, pour accompagner les ambulances lorsque c'était possible, pour aider à transporter la nourriture et les médicaments là où on en avait besoin.

L'UNRWA a employé un docteur pendant cette situation d'urgence. Le Centre Al-Rowwad a ouvert ses portes pour la clinique d'urgence… pour recevoir les internationaux qui étaient dans le camp et la région. Le Centre a fonctionné 24 heures sur 24… Le Centre a assuré des reportages, des contacts, et des communications en permanence avec les médias partout dans le monde… Il a reçu par téléphone des messages des internationaux dans le Mokata'a (Palais présidentiel à Ramallah) et ces messages ont été tapés, traduits en anglais ou en français selon le besoin…puis envoyés aux agences de presse…. Le Centre avait aussi des contacts continuels avec les assiégés et les internationaux dans l'église de la Nativité… L'acheminement de nourriture et de médicaments a été fait en partie par Al-Rowwad…en coordination avec des activistes ISM et le Rapprochment Center.

Ce qui a été exceptionnel dans cette quatrième invasion, c'est que le camp d'Aïda a été pratiquement épargné, exception faite des tirs des snipers qui n'ont fait aucun blessé, malgré le couvre-feu continu sur le camp comme partout dans la région de Bethléem… Pour la première fois à Aïda, l'UNRWA a employé un docteur pendant cette crise qui restait en permanence au Centre Al-Rowwad…et qui a occupé les deux salles principales du Centre. L'équipe média s'est regroupée dans le petit bureau, en utilisant le portable que j'avais parce que l'ordinateur principal du Centre est tombé en panne…

Une autre chose qui a rendu la situation aussi exceptionnelle, c'est la présence des internationaux dans le camp… Le camp n'a pas vraiment été attaqué comme lors des trois invasions précédentes…Ces internationaux, héros des temps modernes, avaient un courage exceptionnels et à la hauteur de la situation que nous étions forcés de vivre, ils étaient également très actifs… Grâce à cela, le Centre s'est organisé pour continuer ses activités jour et nuit et informer les journalistes, les contacts par téléphone, par téléphone mobile, télécopieur et Internet… Une partie du camp a été privée de téléphone et d'électricité, mais l'activité n'a pas arrêté…
Étant donné les circonstances, Al-Rowwad et les bénévoles du ISM et autres internationaux (juifs et non?juifs) ont fait un travail exceptionnel, et par ces mots nous leur exprimons notre profonde admiration

Je pense, que pendant cette crise, nous avons regretté une chose : étant donné que les deux salles de Centre étaient prises par la clinique qui recevait entre 70 et 100 personnes chaque jour, qui ne venaient pas seulement du camp d'Aïda, mais aussi des régions voisines, le Centre ne pouvait donc pas recevoir les enfants à part pour leur donner des livres à lire ou pour jouer aux échecs.

C'est cela le Centre Al-Rowwad. Il dépasse son rôle pour desservir toute la communauté. Nous espérons pouvoir construire notre propre centre, acheter une parcelle de terrain et construire un bâtiment de quatre étages : faire un jardin d'enfant et une clinique au rez-de-chaussée, un centre informatique et une bibliothèque au premier, une salle pour le théâtre au troisième, et puis au dernier étage une sorte de guest house…C'est un rêve, et chacun peut aider à faire de ce rêve une réalité.

 

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